De l’antiquité à l’époque contemporaine.

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Antiquité

Un premier foyer de peuplement voit le jour progressivement avec la sédentarisation de colonies agricoles. Les romains puis les étrusques affectionnaient la côte orientale de l’île riche en terres fertiles. Ils développèrent différentes cultures sur la rive gauche du Golo. Ce fleuve qui est le plus grand de Corse se jetait alors dans l’étang de Chiurlinu. Depuis plusieurs siècles, il se jette directement dans la mer.

Après la chute de l’Empire Romain, les pillards vont menacer le territoire. Les attaques de barbares et de pirates inciteront la population à migrer vers les sommets. Les bourgades côtières sont détruites une à une par les razzias. La géographie va conditionner l’histoire et le village de Borgo s’érigera sur une crête dont il occupe toute la largeur, dominant la plaine permettant ainsi d’avoir un point de vue sur les alentours. Ce promontoire considéré comme inaccessible assurera la défense du village. Un autre phénomène déterminera une installation sur les hauteurs : la malaria qui sévissait dans les plaines marécageuses.

Moyen Âge

Vers 1500, on venait de toute l’île afin de présenter le bétail à Saint Appien. Vers 1520, la pieve de Mariana comptait environ 1 500 habitants. Elle avait pour lieux habités : Luciana, lo Vignale, lo Borgo, la Serra, Santo Apiano.
Avec la Révolution française, la pieve de Mariana devient en 1789, le canton de Borgo.

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Temps modernes

Le village de Borgo a été à plusieurs reprises le théâtre de faits marquants dans l’histoire de la Corse.

Batailles de Borgo

En 1738 Gènes demanda au roi de France, Louis XV son aide afin de lutter contre les assauts Corses. En février 1738, un corps expéditionnaire français, sous les ordres du général de BoissieuxNote 1 débarque en Corse. Réclamant un désarmement des Corses, le corps expéditionnaire qui se dirigent vers le Borgu est attaqué et subit un échec cuisant le 13 décembre 1738, appelé les « Vêpres corses ». Le détachement du régiment d’Auvergne installé dans le village réussit à se dégager. Ils battent en retraite avec des pertes.
Ceci sera mis en forme avec le traité de Versailles du 12 juillet 1737. Le Comte de Boissieux arrive par Saint-Florent avec six régiments de trois mille soldats. Plusieurs foyers de résistance se mirent en place.

En 1768, les 8, 9 et 10 octobre, le village est de nouveau le théâtre de la retentissante bataille de Borgo.
Article détaillé : Bataille de Borgo.
Charles-François Dumouriez, présent à la bataille du Borgu en 1768, a écrit : « Les Corses remportèrent tout l’honneur de cette bataille qui, légèrement entreprise et imprudemment conduite, fut si honteusement terminée. ». Après avoir offert ses services aux Corses en lutte contre les Génois, il était venu dans l’île au mois d’août 1768 comme aide-maréchal des logis dans l’armée française2. À cette bataille participa François-Antoine Gaffori, dit Gafforiu, fils de Jean-Pierre Gaffori (Corti 1744-1796). Capitaine des milices de Pascal Paoli en 1744, il fit partie du Conseil suprême de la Nation corse en 1767. En 1769, chargé de la défense de Lentu, il laissa passer les Français. Il en fut récompensé avec les galons de major dans la Légion corse du marquis d’Arcambal (1773) puis ceux de colonel à la tête du Régiment provincial (1777)2.

Avec la Révolution qui crée le département de Corse avec Bastia comme préfecture, la pieve du Mariana devient en 1790 le canton de Borgo.

Époque contemporaine

Le 31 juillet 1944, l’aviateur Antoine de Saint-Exupery s’envole du terrain militaire de Borgo pour son dernier voyage.
En 1954, le canton de Borgo est composé des communes de Biguglia, Borgo, Lucciana et Vignale. Borgo comptait 913 habitants en 19542.